A l'occasion de la fête de la Nature, voici quelques points de repères pour notre région. 

Zones naturelles : 13 % en NPDC – 38 % en France.

Zones artificielles : 15 % en NPDC – 8 % en France.

Zones boisées : 9 % en NPDC – 30 % en France – 41 % en Europe.

 

Réchauffement climatique.

 

Au XXème siècle, la température a augmenté de 0,6 ° C, et l’on s’attend à une augmentation de 2 à 7 °C d’ici 2100.

Selon une étude faite au Royaume-Uni les mésanges charbonnières ont avancé leur date de reproduction de 14 jours depuis 1960 afin de se recaler sur l’abondance des chenilles qui a elle aussi été avancée de 14 jours. Aux Pays-Bas les populations de Gobemouches noirs ont décliné de 90 % depuis les années 80 car ils n’arrivent pas à avancer leur date de retour migratoire.

Le réchauffement climatique désavantage particulièrement les oiseaux migrant loin, car quand ils reviennent les oiseaux sédentaires et ceux migrant plus près occupent déjà les territoires de reproduction ayant eux calé leur reproduction sur la fin plus précoce de l’hiver. Par exemple les Hirondelles rustiques et les Fauvettes des jardins se retrouvent parfois  à nicher après le pic d’abondance des insectes.

Le Coucou gris arrive maintenant en retard par rapport à ses victimes habituelles (Rougegorge familier, Accenteur mouchet, Pipit farlouse, Bergeronnette grise et Linotte mélodieuse) qui ont réussi à avancer leur date de migration. Une exception, les Rousserolles effarvatte, qui hivernent en Afrique tropicale n’ont donc pas recalé leur date d’arrivée et subissent par contrecoup un taux de parasitisme 2,5 fois plus élevé qu’en 1960.

Des oiseaux méridionaux comme le Guêpier d’Europe, le Héron gardeboeuf ou le Héron pourpré commencent à être observé régulièrement chez nous.

A l’inverse, les oiseaux nordiques comme la Mésange boréale sont en forte régression.

 

Notre milieu naturel en danger critique.

 

Le taux d’extinction actuel des espèces animales et végétales est environ 1000 fois supérieur à celui que l’on estime avoir été en dehors des périodes d’extinction massive. Nous sommes en train de provoquer la 6ème crise d’extinction massive de l’histoire de la planète.

L’agriculture intensive est reconnue comme étant l’une des principales causes du déclin des oiseaux communs en Europe. (Remembrement, pesticides, faible diversité des plantes cultivées…)

La densification du réseau routier et autoroutier, la pollution de l’eau, de l’air ainsi que le pollution lumineuse constituent d’autres causes importantes.

La biodiversité de nos villes est elle aussi en déclin car les constructions modernes  n’offrent plus cavités et fissures qui servaient d’habitats à de nombreuses espèces (Hirondelles, Martinets, Choucas…)

La chasse accentue encore ces effets : les oiseaux d’eaux chassés comme la Barge à queue noire, le Canard siffleur ou le Fuligule milouin ont vu récemment leurs effectifs divisés par deux.

En France, l’avifaune nicheuse a décliné de 27 % en 12 ans. Ce sont surtout les espèces nicheuses communes qui ont régressé : plus de 20 % d’espèces en moins en 20 ans.  (ex : Chardonneret élégant, Hirondelle rustique, Moineau friquet). Les quelques espèces protégées, elles ont augmenté de 48 %. (ex : Cigogne blanche, Spatule blanche, Héron cendré).

 

Etat de la biodiversité dans la région NPDC.

 

170 espèces d’oiseaux nicheurs  en NPDC (280 en France) : 40 % de nos espèces nicheuses sont en danger. (25% en France)

76 espèces de rhopalocères (Papillons de jour) : 17 espèces disparues sur les 93 citées en 1980.

56 espèces d’odonates (Libellules et demoiselles) (110 en France) : En augmentation suite à la remontée d’espèces méridionales.

41 espèces de mammifères : 30% sont en danger.

15 espèces d’amphibiens : 53 % sont en danger.

8 espèces de reptiles.

 

Plus d’1/4 de notre flore indigène est menacée à court et moyen terme. En moyenne, une espèce du NPDC disparaît tous les ans depuis 1900. Les espèces communes (Grande Marguerite, Bleuet des champs…) sont plus touchées que les espèces rares qui bénéficient de mesure de protection.

 

L’apparition d’espèces invasives fait suite à l’accroissement des échanges commerciaux entre pays et entre continents :

-Végétaux : Jussie à grandes fleurs, Hydrocotyle fausse renoncule, Renouée du Japon, Séneçon du Cap, Ambroisie annuelle, Berce du Caucase…). Le NPDC compte 30 espèces végétales exotiques envahissantes.

-Animaux : Rat musqué, Bernache du Canada, Erismature rousse, Ouette d’Egypte. Le NPDC compte 14 espèces animales invasives.

 

Les surfaces protégées sont faibles en NPDC : 0,24%. Elles devront être multipliées par 8 pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement. (2%)

 

Nos terrils.

 

-1/3 des espèces d’oiseaux nicheurs du NPDC, la quasi-totalité des espèces d’amphibiens et de reptiles, 2/3 des espèces d’orthoptères (criquets, sauterelles…) y sont trouvées. Idem pour la flore sauvage.

-Seulement 1/3 (536 ha) des terrils est protégé.

-Les plus riches biologiquement sont : le 143 de Germinies, le 144 de Rieulay-Pecquencourt et le Pinchonvalles d’Avion.

-Ils représentent les zones où la biodiversité est la plus riche (par rapport aux milieux agricoles et urbains)

  

Actions pour amener la nature dans son jardin. (tiré des 10 commandements de Noé Conservation : http://www.noeconservation.org/).

 

            -Laisser un coin en friche.

            -Aménager une prairie fleurie.

            -Installer des mangeoires pour l’hiver, des nichoirs au printemps sans oublier des gîtes à insectes.

            -Utiliser l’eau de pluie.

            -Faire un compost.

            -Eviter l’éclairage de nuit.

            -Planter des espèces locales (Viorne obier, Noisetier, Cornouiller, Prunellier, Fusain d’Europe, Erable champêtre, Saule Marsault…). Laisser tomber le Thuya !

            -N’utiliser que des engrais naturels.

            -Proscrire tout pesticide.

            -Passer le message à son voisin.

 

Devenir une sentinelle de la nature.

 

            En participant à Vigie-Nature (opération du Museum National d’Histoire Naturelle relayé en région par le Conservatoire d’Espaces Naturels NPDC)

http://www.conservatoiresitesnpc.org/grands-rendezvous/vigie-nature.html

avec notamment l’Observatoire des Papillons des Jardins : http://vigienature.mnhn.fr/page/observatoire-des-papillons-des-jardins

Le suivi des insectes pollinisateurs :

http://vigienature.mnhn.fr/page/spipoll-0

Le suivi des oiseaux des jardins :

http://vigienature.mnhn.fr/observatoire-des-oiseaux-des-jardins/fiche-didentite

 

 

Thierry BERNARD, Président ANG

 

 

Sources : Observatoire de la biodiversité du Nord – Pas-de-Calais – Profil environnemental Nord – Pas-de-Calais (DREAL) - L’Oiseau-Magazine – La migration des oiseaux (M. Zucca) – Conservatoire d’Espaces Naturels NPDC